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2010

carte du parcours et altitudes

 

Les mushers

légende : mushers "favoris" - mushers européens - mushers féminins

NOM
PRENOM
H/F
EXPERIENCE
LOCALISATION
meilleure place, observations
Anderson Ken
Masc
Veteran
Alaska
2 en 2008
Barrand Cindy
Fém
Rookie*
Alaska
 
Cadzow Joshua
Masc
Rookie
Alaska
 
Casavant Normand
Masc
Veteran
Yukon
10 en 2009
Dalton David
Masc
Veteran
Alaska
3 en 2004 et 2008
Davis Katie
Fém
Rookie
Montana
 
De Marie Bart
Masc
Rookie
Alaska
originaire de Belgique
Deltour Sam
Masc
Rookie
Sint-Kruis, Belgique
 
Ellis Mike
Masc
Veteran
Alaska
11 en 2008
Fleck Peter
Masc
Rookie
Alaska
originaire de Grande-Bretagne
Gatt Hans
Masc
Veteran
Yukon
1 en 2002, 2003 et 2004
Griffin Kelley
Fém
Veteran
Alaska
6 en 2008
Heritier Pierre-Antoine
Masc
Rookie
Suisse
 
Jacobs Dries
Masc
Rookie
Jabbeke, Belgique
 
LeBlanc Jocelyne
Fém
Rookie
Yukon
 
Lindner Sonny
Masc
Veteran
Alaska
1 en 1984
Mackey Lance
Masc
Veteran
Alaska
1 en 2005, 2006, 2007 et 2008
Neff Hugh
Masc
Veteran
Alaska & Yukon
2 en 2009
Raffaeli Jennifer
Fém
Rookie
Alaska
 
Sass Brent
Masc
Veteran
Alaska
5 en 2008
Steer Zack
Masc
Veteran
Alaska
2 en 2004
West Abbie
Fém
Rookie
Alaska
 
Williams Terry
Masc
Rookie
Alaska
 
Willomitzer Gerry
Masc
Veteran
Yukon
3 en 2007

légende : mushers "favoris" - mushers européens - mushers féminins

 

l'ordre de départ des mushers :

1. Abbie West
2. Zach Steer
3. David Dalton
4. Sam Deltour
5. Gerry Willomitzer
6. Katie Davis
7. Terry Williams
8. Jocelyne LeBlanc
9. Cindy Barrand
10. Normand Casavant
11. Lance Mackey
12. Brent Sass

13. Hans Gatt
14. Bart De Marie
15. Kelley Griffin
16. Jennifer Raffaeli
17. Ken Anderson
18. Mike Ellis
19. Pierre-Antoine Hertier
20. Sonny Lindner
21. Joshua Cadzow
22. Dries Jacobs
23. Hugh Neff
24. Peter Fleck
     

Samedi 06 février, 11h locales :
C'est parti !

Des centaines de fans étaient présents samedi matin à Fairbanks pour assister au départ de la Yukon Quest. Les 24 concurrents ont pris un "dernier" petit déjeuner en commun, avec leurs équipe, avant le départ.

A quelques minutes du départ, la rookie Abbie West a amené son attelage à hauteur de la ligne départ sous les acclamatiosn de la foule. Habillée de manière quasi-traditionnelle, Abbie se lanca sur la piste après un dernier câlin à ses chiens. Trois minutes après Abbie, le vétéran Zach Steer et ses 14 chiens firent leur apparition sur la ligne de départ. La derniére caresse avant l'aventure mirent Zach en retard et c'est en courant qu'il rejoignit son traîneau et avec quelques minutes de retard qu'il prit le départ.

La foule encourageait tous les concurrents à l'occasion de leur départ. Chaque concurrent s'adressa à la foule à la manière d'un métronome lors du départ : David Dalton, Sam Deltour, Gerry Willomitzer, Katie Davis. Ils prirent tous quelques seocndes pour s'adresser à leurs chiens avant de prendre la piste.

Suivants : Terry Williams, Jocelyne LeBlanc, Cindy Barrand et Normand Casavant. Les flashes des appareils photo crépitèrent incessamment pour chaque concurrent. Les mushers adressèrent des signes à la foule et échangèrent une dernière accolade avec leurs handlers et leurs proches avant de se lancer dans les 1600 km de piste.
Il fut aisé de remarquer que le musher suivant n'était autre que Lance Mackey, le favori de l'épreuve. Les hourras explosèrent dans la foule et les flashes redoublèrent. Mackey adressa un sourire à l'ensemble alors que ses chiens sautaient et n'attendaient que l'ordre du départ. Ce qui ne tarda pas.

Brent Sass, Hans Gatt, Bart De Marie, Kelley Griffin, Jennifer Raffaeli, Ken Anderson, Mike Ellis, Pierre-Antoine Heritier prirent à leur tour le départ à trois minutes d'intervalle. Sonny Lindner, le premier vainqueur de la course connut lui aussi une ovation ; ainsi que le rookie de Fort Yukon, Alaska, Joshua Cadzow.

Les derniers mushers prirent le départ : Dries Jacobs, Hugh Neff – ce dernier prenant bien le temps d'adresser une dernière caresse à son chien de tête-. Le tout jeune rookie Peter Fleck prit enfin le départ et l'on put ainsi dire que la 27° édition de la Yukon Quest était bel et bien lancée.

Samedi 06 février :
De nouvelles tactiques pour une course nouvelle.

Le soleil couchant sur le point de contrôle de Two Rivers trouva la majorité des 24 mushers en plein repos avec leur attelage. Ce qui surprit les organisateurs, après seulement 70 kilomètres de course, alors qu’ils s’attendaient à ce qu’ils dépassent le point et bivouaquent à mi-chemin de la borne 101 (à 200 km).

Les modifications du règlement de la course obligent les mushers à modifier leur planification de leurs deux premières étapes. Depuis que le premier point de contrôle a été déplacé à Twin Bears, à seulement 70 km du départ de Fairbanks, la course change la position de la pause obligatoire de 2 heures et la place ainsi plus tard, à la borne 101 (à 200 km).

C’est la première fois en 2010 que les mushers doivent s’accommoder de ces changements et ils n’ont aucun retour d’expérience des années passées pour étudier ce point. Ils doivent donc tenter de nouvelles tactiques qui permettront à leur attelage de se sentir bien pour le reste de la compétition.
Auparavant, le premier point de contrôle, avec la pause obligatoire de 2 heures se trouvait entre le 120 et le 160e kilomètre. Habituellement, les mushers découpaient cette distance en deux étapes. Avec le “coup de la borne 101”, positionnée à 200 km du départ, apparaissent nombre de tactiques à expérimenter pour les concurrents.

8 mushers ont fait le choix de dépasser le point de contrôle de Two Rivers, ne s’arrêtant que pour permettre aux juges de contrôler leur équipement obligatoire et leur ravitaillement embarqué. Beaucoup d’entre eux ont attaché sur leur traîneau de la paille, dénotant par là leur volonté de réaliser des bivouacs de circonstance sur le parcours. Cela diviserait leur première étape en deux parties, toutes deux d’une longueur semblable –entre 95 et 105 km- et d’une durée d’environ 6 heures. Sur le principe selon lequel les mushers découpent habituellement leur parties de course en parts égales, tout comme leur partie de repos, leur périple devrait tourner autour de 18-20 heures, alternant 6 heures de course, 6 heures de repos puis à nouveau 6 heures de course pour atteindre la borne 101.

Les mushers qui campent à Two Rivers ont couru à peine plus de 4 heures, la plupart se sont reposés approximativement 4 heures et devraient maintenant prendre la piste pour 8-9 heures exécutant ainsi un trajet total de 16-17 heures.
Alors que cette arrivée précoce sonne comme la meilleure option, elle laisse ce groupe de mushers dans le besoin d'un repos plus conséquent à la borne 101 pour reprendre la direction du point de contrôle.

 


Un musher, Ken Anderson, a choisi de camper avant le point de contrôle, probablement pour faire dormir ses chiens de jour et les faire courir de nuit, une tactique typique de ce concurrent dans l’ensemble des courses qu’il dispute. Il semblerait que l’attelage de Ken soit puissant et frais, impatient de dépasser Two Rivers. On s’attend à ce qu’il se rende à la borne 101 en une seule fois.

Depuis que les mushers doivent impérativement faire une halte au niveau de la borne 101, notamment pour le contrôle vétérinaire, la plupart resteront plus longtemps puisque le gain d’un repos de 2 heures paraît incertain si tôt dans la course. En l’absence d’expérience passée relative à ce déroulement de course et dont pourrait bénéficier les mushers, ceux-ci ne pourront mettre en en avant que leur propre expérience et leur intuition pour planifier la meilleure course, mettant en place un précédent qui sera lui utile aux concurrents futurs.

Les initiés prédisent que le repos forcé de la borne 101 aura également un impact sur la prochaine étape de la course. Traditionnellement, les coureurs de tête font une halte au point de contrôle Central pour recharger leur traineau après la petite montée puis la descente de Eagle Summit, et font alors une longue étape jusqu’à Circle. Avec un repos plus long à la borne 101, et une courte étape jusqu’à Central, les mushers auront encore besoin de se faire la main et de mettre à l’épreuve leur tactique.

Samedi 06 février soir :
Le premier point de contrôle de Two Rivers.

  repos déjà bien mérité à Two Rivers

Zack Steer et son attelage ont abordé le virage menant à Two Rivers après 4 heures et 11 minutes sur la piste. Il est arrivé avec une chienne dans le basket mais l’a rapidement remise dans la ligne. Il mit alors ses chiens au repos pendant qu’il chargeait de la paille et de la nourriture pour eux.

Abbie West suivait de près et a également stoppé son attelage le long de celui de Steer pour un peu de repos. Alors qu’il était parti en 11e position, Lance Mackey fut le 3e musher à arriver à Two Rivers. Il s’est joint aux autres, mettant son attelage au repos.

Katie Davis fut la 4e à atteindre le point de contrôle et décida également de prendre un peu de repos. Le vétéran Brent Sass embarqua un demi-ballot de paille mais reprit la piste aussi vite qu’il était arrivé. Il fut ainsi le premier musher à traverser Two Rivers avec ses 14 chiens.

A quelques minutes d’intervalle, Sam Deltour et Normand Casavant ont à leur tour pointé, laissant leurs chiens au repos et prendre un peu de forces. Hans Gatt s’empressa de remplir sa glacière et de reprendre la piste pour quitter le point de contrôle.

Dave Dalton suivit de peu, ne stoppant son attelage que pour charger quelques fournitures et remit son attelage sur la piste. A ses côtés le 10e musher à arriver, Gerry Willomitzer rechargea également son traîneau au plus vite et reprit sa progression peu après.

Bart De Marie et Cindy Barrand arrivèrent en même temps, suivis de peu par Kelley Griffin. Ils choisirent tous trois de faire une pause et augmentèrent ainsi le nombre de chiens au repos. Ce qui contraignit les gardes nationaux présents à préparer de nouvelles aires de repos et à déplacer des barrières pour autoriser plus de concurrents à faire halte.

Sonny Lindner fut le musher suivant à pointer. Mais après avoir pris quelques minutes pour charger son traîneau, il fut de nouveau sur la piste. Ce fut au tour de Pierre-Antoine Héritier et de Jocelyne LeBlanc d’arriver. Ils choisirent quant à eux de faire une halte.

une équipe d'assistance des gardes nationaux à Two Rivers

Le passage le plus rapide à Two Rivers fut celui de Hugh Neff. Son contrôle fut réalisé en un clin d’oeil et il ne s’arrêta même pas pour recharger quoi que ce soit sur son traîneau. Juste derrière Neff, arriva Jennifer Raffaeli, qui prit sa place dans l’aire de repos en tant que 18e musher. Josh Cadzow pointa à son tour et, après son chargement, prit quelques minutes pour s’entretenir avec les journalistes avant de remettre son attelage sur la piste.

Mike Ellis, 20e musher à pointer, fit pratiquement de même. Il chargea quelques fournitures et reprit la piste en moins de 5 minutes. Terry Williams, Dries Jacobs et Peter Fleck pointèrent à une minute l’un de l’autre. Tous trois joignirent leur équipage à ceux qui se reposaient déjà peu après 05h de l’après-midi, alors que le soleil commençait à disparaître.
Finalement, Ken Anderson pointa à 07h du soir et se remit sur la piste quelques minutes plus tard.

Nuit du samedi 06 février au dimanche 07 février :
Borne 101

Une myriade d’étoiles couvrant le ciel de la borne 101 et l’absence de brise, voilà des conditions plutôt confortables. Vers 01h30 du matin, les spéculations allaient bon train quant à l’arrivée d’un musher dans l’heure.

Après une fausse alerte, une lampe frontale apparut à 02h08 du matin lorsque Zack Steer arriva avec son équipage. Les vétérinaires trouvèrent que les chiens allaient bien, ainsi que leurs griffes. Les 14 chiens de l’attelage étaient en pleine forme.

Les responsables de la course ont actualise en permanence les données GPS afin d’anticiper et d’identifier le musher suivant. Il apparut alors de manière évidente qu’un flot ininterrompu d’attelages se frayait un chemin vers le point de contrôle.

  le point de contrôle de la borne 101

Environ une heure après Steer, arriva Lance Mackey avec des chiens donnant de la voix bien que gelés, alors que la température chutait. Son arrivée était tout simplement inattendue puisque son GPS avait cessé d’émettre. Puis, seulement 10 minutes plus tard, Gerry Willomitzer atteignit le point de contrôle, assisté à la fois d’une lampe frontale et d’un phare sur le traîneau. Hans Gatt pressa le pas juste derrière Willomitzer, afin de réduire l’écart de quelques précieuses minutes.

Avant que ne sonne 04h00, Hugh Neff et Brent Sass parvinrent à leur tour au point de contrôle, avec leur équipage au grand complet. Le chien de tête de Sass n’est autre que Silver, celui-là même qui aida le musher à se sortir de la tempête sur Eagle Summit en 2006.

Les officiels scrutèrent à nouveau l’écran du tracker et constatèrent un léger ralentissement du rythme.
Mais un autre groupe de mushers apparaît déjà à l’horizon.

dimanche 07 février :
De la borne 101 à Central

Il est probable qu’aucune étape de la Yukon quest ne bébéficie de la notoriété de celle qui relie la borne 101 à Central, incluant la difficile ascension puis la descente d’Eagle Summit. Les mushers quitteront la borne 101 et s’essoufleront au travers d’un paysage minier pour quelques kilomètres. Cette région est désertique et parsemée de rochers. Elle s’avère habituellement dure pour ceux qui auront à faire la trace et ouvrir une piste qui résiste et reste bien marquée au cœur de vents violents et avec des ruisseaux en crue et gelés. Le rapport du responsable de piste, un vétéran de la course, John Schandelmeier, affiché pour tous les concurrents au niveau de la borne 101, considère cette portion « glacée et rocailleuse ». Alors que tous les mushers quittent la borne 101 avec des équipages frais et dispos, cette portion sera un défi de trouver sa route tout en conservant un rythme honorable.

Consécutivement à cette brève section, la piste commence à grimper petit à petit, puis en pente raide et au-delà d’Eagle Summit. Schandelmeier rapporte cette portion comme étant “la meilleure depuis le temps que je la vois ”. Ce qui, dans la bouche de ce vétéran et homme des bois veut dire beaucoup. Les mushers devraient s’attendre à ce que cette région désertique soit recouverte d’un bonne épaisseur de neige cette année, particulièrement au somment et sur le versant nord, celui de la descente. Les mushers poussent un soupir de soulagement à la lecture du rapport de cette portion du parcours, connue pour donner aux traceurs (Note du traducteur : les agents qui feront la trace pour les mushers) et aux mushers un bon avant-goût de la vie sauvage d’Alaska.

Les concurrents de tête devraient être accueillis par un merveilleux lever de soleil au sommet de l’Aigle. Il ne devraient toutefois guère prendre le temps d’en profiter avant d’entamer la descente réputée raide en suivant la ligne de crête vers la lisière puis revenir à la relative sécurité de la forêt sub-alpine.

Les mushers traverseront cette section d’arbres et de buissons, au gré de quelques portions dangereusement glacées. Ici, la glace a créé des formations biseautées et parfois en dômes qui peuvent être de véritables pièges à la navigation.

La piste traverse l’autoroute de Steese et emmène les mushers dans un paysage plat qui se caractérise par des forêts d’épicéa, des marécages et des criques. Le rapport de piste annonce une neige faible dans cette partie. Les mushers doivent donc prendre soin de ralentir leur attelage et assurer leur navigation ente tous les risques répertoriés. Les derniers kilomètres de Central sont plats et rapides.

Les mushers verront les lumières de Central et trouveront leur chemin vers l’aire de Steese qui les accueillera –comme toujours- avec une place au chaud pour y dormir, une clairière au cœur des bouleaux pour y stationner leurs équipages et un fameux "Quest Burger".

En somme, un rapport de piste sympathique quant à cette portion réputée de la piste de la Yukon Quest. Le rapport météo annonce lui des conditions idéales pour passer Eagle Summit, qui représente habituellement l’un des points les plus froids de la course.

lundi 07 février :
cherche leader désespérément...

On dirait bien que personne ne veut servir de lièvre cette année.

Les supporters cette édition de la course la considèrent comme faisant preuve d’un des esprits de compétition les plus développés.en effet, 3 anciens champions sont toujours en course : le quadruple champion Lance Mackey, le triple champion Hans Gatt et le tout premier vainqueur Sonny Lindner.

Prenez ensuite 5 concurrents qui ont déjà terminé à la seconde place, dont 2 qui le firent alors qu’ils n’étaient que des rookies, Zack Steer et Ken Anderson. Ajoutez encore à cela 9 équipages qui se sont placés dans le top 5 et même encore ceux qui se sont placés dans le top 10 et vous obtiendrez une réelle bataille pour les sommets du classement.

Puisque nous avons tous nos favoris, penchons-nous un peu sur ce point : cette course est vraiment ouverte pour tous les concurrents ?
La question est : Qui mènera la meute ?

Habituellement, dans les courses de distance, l’un des meilleurs mushers prendra des risques et sortira du lot pour foncer et tenter de garder son avance jusqu’à la fin. En effet, lors de sa première course en 2004, Zack Steer a suivi cette tactique, conservant son avance grâce à un coup audacieux à la sortie de Central. Le groupe de cette année semble peu disposé à emprunter cette technique.

À Two Rivers, Lance Mackey a déclaré qu’il était heureux de se poser un peu et de suivre le leader cette année. « J’ai suffisamment mené la danse. Je suis assez content de me poser et de laisser quelqu’un d’autre prendre la tête ». « Je ne veux pas être la cible à atteindre » a-t-il ajouté avec son sourire habituel.

À la borne 101, le sentiment semble persister. Pendant plus de 2 heures, les concurrents de tête ont montré des signes de reprise : questions aux contrôleurs, dépôts de chiens, annonces de départ imminent, mais personne ne voulut prendre l’initiative de quitter le point de contrôle. Bien sûr, cela aurait pu être causé par les conditions mêmes de la course : formation de congères sur Eagle Summit, attente du lever du jour ou tout autre raison mais aucune d’entre elles ne semble réaliste pour ces concurrents aussi affutés. Et ce fut finalement Zack Steer qui déclencha le flot des attelages dans l’heure qui suivit son propre départ.

Lorsque Zack est arrivé à Central après une étape relativement courte, il saisit rapidement l’opportunité de bivouaquer, ajoutant sans en discuter avec les autres concurrents… après vous ! Hans Gatt accepta avec un réel enthousiasme de prendre la tête à ce moment de la course.

Désormais la plupart des mushers affirmeront qu’il ne prêtent aucune attention aux autres concurrents. Il clament qu’ils tentent juste de respecter leur propre planification de la course sans se préoccuper de ce que font les autres. Pas sûr !
Ces concurrents sont intelligents, malins, tacticiens et ils veulent… gagner la course !

Plusieurs éléments contribuent à créer la formule gagnante d’un musher. La tactique et la ruse en sont les ingrédients principaux. Et il serait également intéressant d’observer les pensées des concurrents pour le reste de la course.

lundi 07 février :
de Central à Circle

Les mushers sont sur le trajet entre Central et Circle, sur ce que le directeur de piste John Schandelmeier qualifie de meilleure piste qu’il ait vu. « C’est juste plat et rapide » dit-il avec un sourire.

John et son équipe ont effectué la dernière traversée de cette portion la nuit dernière, arrivant à Circle vers 10h30 et retournant alors ver Cenrtal pour y rencontrer les équipages ce matin. « On a bien bossé et ça a l’air génial ! » explique-t-il. « on va assister à des moments très rapides sur cette portion ».
Les mushers quitteront le point de contrôle de Central et suivront une piste le long de la route des sources chaudes de Circle qui relie Central aux sources, renommées et maintenant fermées. Cette piste est habituellement défoncée du fait de l’usage de nombreux types de véhicules. Mais grâce à l’action récente des équipes de volontaires qui ont refait la piste, John qualifie cette partie comme très praticable.

Avec les sources chaudes en vue, les mushers tourneront sur leur gauche sur une route qui les conduira à travers bois tout droit vers un aérodrome. Les mushers emprunteront alors la piste de l’aérodrome et tourneront à nouveau sur leur gauche vers les bois et une piste qui traverse la toundra puis des espaces plats parsemés d’épicéas entourant Circle. Il s’agit là du milieu classique de la vie sauvage et les chiens seront stimulés par les odeurs d'orignaux, de martres et même des loups dans cette section.

Les concurrents entameront ensuite une grande descente vers Birch Creek, redouté pour ses températures frigorifiques et les séries interminables de méandres qui se frayent un chemin à travers une traditionnelle forêt d’épicéas. Alors que cette année connaît des températures plus chaudes que la moyenne sur Central, les mushers expérimentés savent que Birch Creek peut toujours s’avérer une zone très froide et ils s’y aventurent en étant préparés.
Après ce qui a pu sembler durer une éternité, les mushers traverseront sous le pont de Birch Creek l’autoroute de Steese, un excellent point de vue pour les fans les plus motivés. Juste après le pont, les concurrents qui ont le temps de prendre un peu de repos ou qui veulent juste faire une pause peuvent rendre visite à Carl Kokrine et visiter sa cabane.

Carl est un homme des bois et une bonne pâte de l’Alaska au sens propre du terme. Il vit à Birch Creek, bien loin de tout voisin. Il puise son eau, coupe son bois et transport son approvisionnement par bateau ou motoneige. Cela représenterait un exploit pour tout un chacun mais Carl, au cœur de sa septième décennie, fait tout cela avec stoïcisme et l’hospitalité qui caractérise l’Alaska, accueillant les mushers et leur équipage, leur offrant du café, discutant avec eux ou leur offrant juste un peu de repos. Les concurrents laissent souvent un peu de nourriture qu’ils ont en surplus et de provisions à Carl et son fidèle chien pour les aider à passer l’hiver. Son hospitalité est un merveilleux rappel de l’esprit même de la course.

À partir de chez Carl, il n’y a plus que quelques kilomètres à parcourir avant que la piste de remonte sur une section de toundra et d’arbres clairsemés pour serpenter jusqu’à Circle. Les mushers atteindront les faubourgs de la ville et seront dirigés vers la caserne de pompiers où la communauté les accueillera avec des panneaux réalisés par des étudiants, un repas chaud et la possibilité de dormir sur le toit d’un vrai camion rouge de pompiers de la ville

Lundi 07 février :
Les leaders arrivent à Circle avec un bon esprit

Les trois premiers mushers faisaient preuve d’un bon état d’esprit alors qu’il préparaient leurs chiens pour un repos bien mérité. Les trois équipages avaient bonne mine et semblaient dispos et prêts à continuer vers le Yukon lorsqu’ils arrivèrent au point de contrôle. Chaque concurrent décisa toutefois de bivouaquer à Circle.

Les chiens de Hugh Neff aboyaient et sautaient dans leur harnais à leur arrivée. Lorsque les repsonsables de la course constatèrent l’état d’excitation des chiens, Neff répondit « Ouais, je me sens comme Lance Mackey ! ». un peu plus tard, Neff explique la forme de son équipage par la visite qu’il a faite à Carl Kokrine. « je suis allé voir Carl pour prendre un café » explique Neff, « Je pense que ce petit repos a réellement permis de maintenir leur vitesse. Si nous n’avions pas fait cette halte, je pense que nous aurions peut-être ralenti ».

Zack Steer taquina Neff à propos de son arrêt au stand. « tu aurais pu être ici il y a une demi-heure si tu n’avais pas fait du social en route » . ce à quoi Neff a répondu « tu étais là, il fallait que je m’arrête et vois Carl ! »

L’ensemble des mushers s’est révélé particulièrement prompt à mettre ses chiens au repos. En dépit de leur entrain, chacun de ces équipages aguerri a mangé correctement et s’est vite installé pour se reposer. Les vétérinaires étaient sur le pont pour prendre soin des chiens et répondre aux questions. Mais les mushers n’avaient pas de soucis particuliers pour le moment.

Lance Mackey arrive à Circle city

Une fois ses chiens installés, Lance s’est rendu vers Hugh pour lui dire “Hé Hugh ! Les Saints ont gagné ! ». « Incroyable mon gars ! Génial !” répondit Hugh. Les deux concurrents échangèrent alors une poignée de main. Hugh affichait un large sourire en ajoutant “les outsiders !... c’est un signe !”
(Note du traducteur : Lance fait ici référence au Super Bowl qui s'est déroulé ce week-end aux USA et où les Saints de la Nouvelle-Orléans ont remporté le match contre toute attente.)

Hugh est content de son attelage. Lorsqu’on lui a demandé s’il avait vu d’autres mushers derrière lui, il répondit « Pas moyen ! Je ne pense pas que j’aurai l’occasion de voir beaucoup d’autres mushers avec cet attelage ! »

Bien que perosnne ne souhaite divulguer ses plans, chaque musher veut laisser ses chiens se reposer à Circle avant de prendre la direction du Yukon par Eagle Summit.

lundi 07 février :
Les leaders quittent Circle

Les avants de la troupe ont quitté Circle et empruntent le fleuve Yukon en direction d’Eagle

Zach Steer emmène le groupe dès 06h15 locales (16h15 heure de Paris) avec l’ensemble de ses chiens, et en pleine forme. Le suivant de près, Hugh Neff a repris la piste à 06h25 avec 13 chiens donnant de la voix et ruant dans leur harnais. Lance Mackey leur emboîta le pas à 07h15 avec 13 chiens enthousiastes. Ce dernier fut suivi par Hans Gatt à 07h08, puis Gerry Willomitzer à 07h28. pendant que Gerry partait, Ken Anderson entrait dans Circle à 07h24. il déposa un chien, chargea des provisions et de la paille et reprit la piste avec 13 chiens à 07h47. Sonny Lindner et Abbie West amorcèrent à leur tour la reprise de leur progression.

Ce groupe de leaders continue à maintenir le suspense pour les fans. Quelques 400 kilomètres ont déjà été accomplis dans cette course et il est toujours impossible de prédire qui se trouvera dans le top 5 à l’arrivée, et encore plus de présager du nom du vainqueur. Aucune faiblesse, aucune erreur flagrante n’a pour le moment été repérée et tous les mushers sont sur la piste avec un équipage d’athlètes joyeux et motivés.

Le fleuve Yukon, avec ses perturbations, son fatras de glace et ses étendues immenses pourrait bien se révéler un égaliseur. Historiquement, il agit comme un révélateur de faiblesses, même chez les équipages les plus préparés. Il faut ajouter à ceci la volonté des mushers de conserver leur vitesse pour rester compétitifs et on se rend bien compte que la course peut connaître des rebondissements. Mais cette équipe de leaders pourrait rester imperturbable et nous pourrions voir le même petit groupe atteindre assez « facilement » Eagle, puis Dawson, et plus encore.

Cette portion de la piste est une exclusivité pour les nouveaux traqueurs GPS SPOT. Avec 23 des 24 concurrents en ayant embarqué un cette année, cela fournira une vision sans précédent des périodes de course et de repos au moment du traditionnel « trou noir » lorsque la course cesse d’emprunter le réseau routier. Ce nouveau point ne permettra pas seulement de rendre la course plus intéressante à suivre, il fournira également un aperçu pas-à-pas à la fin de la course des tactiques employées et de leur efficacité.

Les mushers courront vers l’aire de Slaven puis vers Eagle en empruntant uniquement le fleuve Yukon. Une partie d’agrégat de glace a été annoncé sur les 11 premiers kilomètres de piste ; ce qui représentera un défi pour les concurrents et leur équipage frais et dispo. Des vents orientés sud-est de 15 à 20 km/h sont également prévus au moment où les mushers se dirigeront vers Eagle. Ce qui pourrait produire une vent de face décourageant pour des participants fatigués. En plus de ces obstacles, les mushers auront à faire avec les immenses étendues changeantes du fleuve, parmi lesquelles les forêts boréales, d’immenses falaises rocheuses et la faune locale.

Arrives à l’aire de Slaven, ils se verront bénéficier d’un traitement royal prodigué par la fabuleuse équipe des employés et des volontaires du Parc National qui tiennent les lieux.

mardi 09 février :
Un nouveau record donne le ton

Pour la troisième fois en 4 courses, les mushers battent à nouveau des records. Zack Steer et Lance Mackey battent aujourd’hui le record de la liaison la plus rapide entre Circle et le relais routier de Slaven. Les deux ont couvert la distance en 6 heures et 37 minutes. Le record était jusque là détenu par William Kleedehn qui en 2006 avait bouclé cette étape en 6 heures et 53 minutes. Bien que Zack et Lance détiennent le nouveau record, le record de William Kleedehn a également été battu par Hugh Neff et Abbie West et il a été égalé par Hans Gatt.

Les mushers ont quitté Circle dès 06h15 ce matin, juste avant l’aube. Certes, les officiels prévoyaient une étape très rapide pour ce petit groupe d’échappés, mais ils n’avaient pas prévu une telle performance, et encore moins de la part d’autant de concurrents, particulièrement par des températures moyennes si élevées et avec si peu de neige fraîche.

Les premières indications fournies par le GPS donnaient de premiers indices selon lesquels les échappés commençaient à laisser leur attelage accélérer. Zack Steer fut le premier à atteindre le point de dépose de chiens à 12h52 heure locale. Hugh Neff fut le suivant, 18 minutes plus tard. Dans l’heure, Lance Mackey et Hans Gatt avaient également atteint le relais routier de Slaven. Gerry Willomitzer arriva quant à lui à 15h10.

Steer déposa un chien et fut le premier à repartir à 17h55. Neff déposa également un chien et prit la suite dès 19h05. Ken Anderson traversa lui le relais à 19h12. Lance Mackey et Hans Gatt lui emboîtèrent le pas.

La sagesse populaire voudrait que les mushers mettent leurs chiens au repos pour un temps au moins aussi long que celui de l’étape qu’ils viennent de réaliser. Pour le moment, tous les concurrents qui ont quitté le relais routier de Slaven se sont reposés pendant un temps moins long que celui qu’il leur a fallu pour couvrir l’étape. Cela dénote par là de leur volonté flagrante d’accélérer le pas. Les mushers ont réduit d’entre 30 minutes et 2 heures leur temps de repos ; ce qui peut paraître offensif et audacieux à ce moment de la course.

Les horaires décalés de départ jouent également un rôle dans le tableau des résultats. Puisque que les mushers prennent le départ à trois minutes d’intervalle, ceux qui bénéficient d’un petit numéro de dossard ont une longueur d’avance durant la première moitié de la course sur ceux qui partent plus tard. Ce temps ne sera pas rendu avant la halte de 36 heures à Dawson et biaise actuellement les résultats.
À titre d’exemple, Zack mène la charge avec plus d’une heure. Or, si le différentiel du départ entre lui (dossard 2) et l’actuel second Hugh Neff (dossard 23) est pris en considération, les deux meneurs sont en réalité au coude à coude.


Avec les températures comprises entre -10 et -20 °C et les bonnes conditions météo prévues par le compte-rendu de piste, les fans doivent s’attendre à voir poindre plus de records d’étapes et de encore plus de tentatives de la part des mushers pour se placer dans cette étape de 160 km jusqu’à Eagle.
Les mushers aiment à rester discrets vis-à-vis de leurs concurrents quant à leur tactique de course et leurs faiblesses éventuelles. Avec les vastes étendues découverts sur le fleuve Yukon, beaucoup de compétiteurs pourraient courir sans lampe frontale en mettant à profit la lumière de la lune descendante et le reflet des étoiles sur la neige dans le seul but de dissimuler leur avance aux yeux des autres concurrents.
Avec le niveau et l’expérience de ce groupe, les initiés prévoient que nombre de mushers atteindront Eagle en une seule étape.

mardi 09 février :
Qui sera le premier à Eagle ?

La question est sur toutes les lèvres est en ce moment : “Qui atteindra Eagle le premier?” . Zack Steer et Hugh Neff courrent avec une vitesse constante et on été repérés faaisant une pause à Trout Creek, à environ 60 km d’Eagle.

Les initiés prédisaient que certains mushers couvriraient l’étape de Slaven à Eagle d'une traite mais cette halte des deux meneurs pourrait entrainer un surcroît de vitesse vers le point de contôle d’Eagle.

Les informations données par les mushers eux-mêmes sur ce tronçon ont été bien maigres.
Les équipements expérimentaux de suivi GPS que les organisateurs ont mis en oeuvre sur la piste cette année nécessitent d’être réactivé toutes les 24 heures, sans quoi ils se coupent pour économiser la batterie. Les responsables de la course ont donc réactivé les équipements à chaque point de contrôle, mais avec cette longue portion de piste, beaucoup se sont neutralisés.
Certains mushers réactivent les équipements d’eux-mêmes et d’autres, pour des raisons tout à fait compréhensibles, ne le font pas. Lorsque les concurrents arriveront à Eagle, le matériel sera cette fois réactivé pour rejoindre Dawson.

Il faut aussi savoir que les équipements de localisation autorisent les mushers à les éteindre de leur propre initiative. Bien que cela soit fortement déconseillé par les organisateurs, il faut bien le dire, à ce moment de la course, le côté filou, parfois sournois des compétiteurs refait surface.

Les officiels s’attendent à ce que les premiers mushers atteignent Eagle en fin de matinée.

mercredi 10 février :
les leaders quittent Eagle

Zack Steer reprit le premier la piste à la sortie d’Eagle à 18h18 locales (04h18 heure de Paris), suivi de Hans Gatt à 18h21, Lance Mackey à 18h22 et Hugh Neff à 18h23 !

Avant ce départ en masse, les 4 meneurs s’étaient révélés en pleine forme autour de la table de l’ancienne école d’Eagle, le local retenu pour établir le point de contrôle. Les discussions tournaient autour du nom de celui qui mènerait le groupe au départ d’Eagle vers American Summit, sommet que l’on rapporte comme battu par les vents et probablement totalement gelé. Les dires semblaient surtout se concentrer sur Hugh, qui avait admis un peu plus tôt dans la conversation que Zack et Hans avaient déjà réalisé la plus grosse partie de la conduite de la course.

Zack : “Hugh, t’as l’air du gars qui aimerait ce genre de défi!
Lance : - Ouais Hugh ! Je me demandais… il t’est déjà arrivé de quitter Eagle le premier ?
Hugh : - Non et toi ?
Lance : Ouais, quelques fois déjà.
Hugh : - et ça t’a réussi ?
Lance : - Pas trop mal en fait !
Hugh : - Peut-être bien que tu devrais faire de même encore cette année !"

Le bavardage continua au sein de ce groupe de mushers bon-enfants, mais toujours axés sur la compétition, mettant par là en exergue leur vivacité d’esprit et leur respect mutuel.

Des conversations personnelles avec chacun des mushers indiquent qu’ils ne regardent pas derrière eux avec la moindre inquiétude. « Je ne pense pas qu’un seul des autres concurrents puisse nous rattraper” a déclaré Hugh. Zack Steer partage ce point de vue. « Je m’inquiète plus pour les trois qui me suivent. A ce stade, je me moque de savoir s’ils sont derrière ou devant. Ce qui importe, c’est qu’ils sont à proximité. »


Lorsqu’ils furent interrogés à propos de leur tactique similaire au cours des étapes précédentes, les meneurs affirmèrent qu’ils s’attendaient à ce que celles-ci commencent à se différencier les unes des autres. « Je pense que vous allez commencer à voir des gens faire des choses totalement folles à partir d’ici » a déclaré Hugh. « Chacun d’entre nous a la fibre, l’équipage et l’expérience pour réaliser des choses complètement inattendues ».


Zack Steer lui ne partageait pas ce point vue. “je pense que nous pourrions commencer à voir des gens faire n’importe quoi”.

Même si les mushers s’attendaient à ce que le rythme soit rapide cette année, la réalité des faits semble bien les surprendre eux-mêmes. « je ne peux pas croire que nous serons à Dawson mercredi » a déclaré le vétéran et champion de longue date Hans Gatt. « c’est tout simplement dingue ! »

“Tu ferais mieux d’attendre jeudi alors” a ajouté Zack Steer en souriant.

Les 4 leaders discutèrent de la piste qui les attendait, se rappelant les gués qu’ils avaient eu à traverser à la fin de l’édition 2008 de la course. « Ouais. Cette année, j’ai envoyé un canoë à Breaburn » plaisanta Lance. Ils continuèrent ensuite à discuter de la musique qu’ils écoutaient sur la piste ; ainsi que des hématomes et contusions causés non seulement par cette course mais aussi par des années de pistes enneigées.

Les réjouissances furent stoppées par l’arrivée de trois nouveaux mushers à la suite l’un de l’autre : Gerry Willomitzer, Abbie West et Brent Sass. Leur arrivée entraîna les leaders à reprendre les choses en main et dans la demi-heure, ils quittèrent le point de contrôle. Ils réalisèrent ainsi un véritable exploit en bâclant leur repas, se rhabillant, chargeant leur traîneau et rechaussant les chiens, entre 12 et 14, de leurs booties.

Les premiers mushers pourraient gagner Dawson dès mercredi après-midi ou tôt dans la soirée.

Ken Anderson est quant à lui arrivé à Eagle à 18h25 pour en repartir dès qu'il en a eu l'autorisation (4 heures après son arrivée) en 5° position à 22h25

Jeudi 11 février :
Tactique et (manque de) sommeil.

des infos sur le belge Sam Deltour et un petit "Focus" sur Pierre Antoine Héritier

“je n’ai jamais aussi peu dormi de ma vie” s’exclame Sam Deltour lorsqu’on lui demande comment se déroule la course cette année. Il explique que ses chien sont fait de leur mieux. « ce que font le schiens est génial. Ils sont forts dans la montée des collines, ils maintiennent la vitesse dans les portions rapides et ils mangent correctement. Si j’ai quelque chose à regretter, c’est que nous allons trop vite sur le dur. C’est un attelage difficile à ralentir.

Malgré le manque de sommeil, Sam dit qu’il prend beaucoup de plaisir tout de même. « j’aime vraiment aller de cabane en cabane, explique-t-il. « C’est vraiment une douce manière de faire la course ». Sam reprend la piste aujourd’hui avec 13 chiens. Il prévoit de rejoindre Dawson en trois étapes, un plan classique d’atteindre la ville pour les mushers qui ne visent pas la victoire.

Mike Ellis est arrivé à Eagle de bonne humeur malgré un revers majeur au niveau de Slaven. Mike a été contraint de déposer son principal chien de tête, victime de douleurs de dos. « Il est le genre de chien de tête que l’on ne rencontre qu’une fois dans sa vie » en dit Ellis.

Mike savait que sans la détermination de Stump Durant les parties difficiles de la course, il devrait revoir ses plans pour aider ses plus jeunes chiens de tête à assumer la responsabilité. « J’ai appris lors de la course de l’an dernier qu’il fallait revoir ses plans en fonction des circonstances » avoua-t-il.

Mike quitta Circle conformément à ses plans mais se trouve en retard de 12 heures. Mais il croit que ce réajustement avec des étapes plus courtes et des périodes de repos plus longues a sauvé l’ensemble de sa course. Sur le chemin d’Eagle, il a réalisé une très belle étape avec deux femelles expérimentées en tête. Derrière elles se trouvaient leur descendance. « Quatre jeunes viennent de l’une des deux et quatre de l’autre » expliqua Mike. Ceci le rendit particulièrement fier du travail accompli. « ça vaut bien 12 heures » conclut-t-il avec un sourire.

Les plans de Mike sont de quitter Eagle cet après-midi et d'entreprendre l’ascension d’American Summit. « De là-haut, je verrai comment se portent les chiens. S’ils vont bien, je relierai Dawson en deux longues étapes. S’ils ont besoin de repos plus tôt, je le ferai en trois étapes ». lorsqu’on lui demande ce qu’il va faire lorsqu’il aura mis ses chiens au repos à Dawson, il répond sans hésiter « Dormir ! »


Le musher Pierre Antoine Héritier partage également cette course avec un chien de tête très particulier : un vétéran de 8 ans nommé Focus et qui se trouve dans son équipe depuis 6 ans. « Il est toujours là quand tu as besoin de lui » explique le concurrent suisse. « C’est grâce à lui que nous avons franchi Eagle Summit ». A Slaven, Pierre Antoine a remarqué que Focus était fatigué mais n’a pas voulu le laisser derrière. Au lieu de cela, il l’a embarqué dans le sac à chien pour la totalité de l’étape jusqu’à Trout Creek, soit près de 100 kilomètres. « Il a dormi pendant tout le trajet » a dit Pierre Antoine
Mais lorsque l’attelage fut pris par les vents dans les 10 derniers kilomètres de l’étape, ses jeunes chiens de tête rechignèrent un peu et ne purent trouver la piste. Pierre Antoine a alors réveillé Focus, l’a remis en tête et celui-ci a alors emmené l’attelage sur le reste du parcours en toute sérénité. « il est toujours là où il se passe quelque chose d’important. C’est mon frère ! Sans lui dans mon équipe, ça ne ressemblerait à rien, alors je le garde, même si je dois le mettre sur le traineau ». Pierre Antoine se reposera à Circle jusqu’à la fin de la journée et prévoit de rejoindre Dawson pour demain soir.

Jeudi 11 février :
Hans Gatt entre le premier dans Dawson.

À 18h02, heure locale, Hans Gatt arrivait au point de contrôle de Dawson avec 13 chiens, soit 22 heures et 41 minutes après son départ d'Eagle. Une foule de fans, de journalistes et du personnel de course l’attenadait au bout de Front Stree, alors que les applaudissements emplissaient l’air. Son attelage avait l’air gelé mais en pleine forme, vêtu de manteau jaune fluorescent. Hans pointa auprès des officiels et alla rapidement s’occuper de ses chiens.

Gatt se serait repose trois heures à la frontière canadienne selon les données fournies par le système de suivi GPS. Il dépassa alors Lance Mackey et Hugh Neff qui était restés à Fortymile.

En tant que premier musher à Dawson, Hans Gatt remporte le trophée de la ville de Dawson, lourd de 4 onces d’or du Klondike. Cependant, le vainqueur ne remporte effectivement le trophée que s’il couvre l’ensemble de la course.

À 20h49, Lance Mackey fut le second à pénétrer dans Dawson avec son attelage. Avec 13 chiens, Lance s’est révélé loquace et heureux à sa descente de traineau, la barbe pleine de neige. Il a été félicité par el personnel de course, les journalistes et bien entendu les fans.

Quelques-uns de ses chiens, complètement couverts de givre, ont commencé à se rouler joyeusement dans la neige dès que le traineau fut arrêté. Lance se hâta de les détacher de la ligne de trait pour prendre soin de chacun d’eux et leur enlever le givre qu’ils avaient sur la gueule.

Peu après, vers 21h04, Hugh Neff fut le troisième musher à atteindre Dawson. Là encore, l’équipage était totalement recouvert d’une épaisseur de givre mais semblait radieux et prêt à un repos mérité !
Hugh est arrivé avec 11 chiens attelés et un dans le sac. Mr Jester fut sorti du sac par Hugh et son associée handler Tamara. L’équipage a alors pris la direction du parc à chiens, au camping, de l’autre côté du fleuve Yukon.

Jeudi 11 février :
Abandonner ou pas ?

Les articles et tout ce qu’on dit en général au cours de la course concerne presque exclusivement les meneurs, toutefois un sujet fait actuellement surface : les 2’ compétiteurs sont toujours en course. Pas un seul musher n’a abandonné jusqu’à maintenant.
Cela représente une première dans l’histoire de la course. Depuis 2001, l’abandon le plus tardif était intervenu à deux jours de course seulement ! L’an dernier, Pelly Crossing fut le bout du chemin pour Jerry Joinson et Jean-Denis Britten, après deux jours de course. A la fin
Dans le règlement officiel de la course, un abandon est déclaré lorsqu’un musher « désire mettre fin à sa participation à la course ». Ainsi, les concurrents ont un formulaire à remplir, à signer et à présenter à un responsable de course ou à un contrôleur.
Il y a plusieurs raisons pour qu’un musher décide de ne pas continuer. En 2004, William Kleedehn a été contraint à l’abandon après une fracture du fémur sur la glace. Il quitta la course à Angel Creek, moins d’un jour après que le départ eut été donné.
Les mushers peuvent également quitter la course après avoir été disqualifies. Cela se produit rarement. Pour preuve, c’est arrivé une seule fois en 10 ans.

 

vendredi 12 février :
Une bonne piste pour la suite...

Les mushers ont été félicités lors du musher-meeting de la mi-course ce soir à Dawson et des perspectives favorables leur ont été fournies pour le reste de la course.

Le meeting est obligatoire pour tous les mushers présents à Dawson. Le but est d’offrir un créneau aux responsables de la course et aux mushers pour communiquer au milieu de la course, couvrir l’ensemble des points critiques éventuels et visualiser le reste du parcours. Les mushers qui sont encore en route auront l’opportunité de visionner l’enregistrement de ce meeting et de poser des questions à leur arrivée.

Le commissaire de course, Hans Oetlli a ouvert le meeting en félicitant les mushers pour la grande course qu’ils accomplissaient jusque là. Il est heureux du professionnalisme de l’ensemble et a remercié les concurrents pour leur sportivité. Il a également tenu à remercier William Kleedehn pour avoir construit un refuge au tout nouveau point de dépose de chiens de Scroggie Creek. Auparavant réduit à une rangée de tentes et de cabanes, ce procédé de point de dépose éloigné de la route permettra de traiter les mushers et les responsables de course dans cdes conditiosn très confortables grâce au dur labeur et aux efforts d’un camarade musher.

La vétérinaire principal Kathleen McGill n’a également tenu que des propos élogieux à l’égard de ce groupe de compétiteurs. Elle a indiqué que les différents équipages étaient réellement en pleine forme cette année. Elle a ajouté que très peu e chiens seulement avaient été déposés jusqu’à maintenant ; ce qui est inhabituel à ce point de la compétition. Cela est du selon elle aux soins attentifs prodigués par les mushers.

Le point central de ce meeting reste le rapport de piste des quelques 750 kilomètres restant. La portion canadienne du parcours de cette année a été élaboré par le très expérimenté responsable de piste Mitch Mitchell. Ce dernier dirige les efforts des Rangers pisteurs canadiens durant des années. Alors que les militaires canadiens n’étaient pas en mesure de soutenir la course cette année pour causes de restrictions budgétaires (NdT : sic !), Mitch s’est chargé de cette mission en tant que prestataire privé. La Yukon Quest est reconnaissante envers la capacité et le regard bienveillant de Mitch pour assurer aux mushers et aux chiens uen piste sécurisée de Dawson à Whitehorse.

Bien qu’il n’y ait eu que peu de neige cette année, un travail acharné, et aussi un peu de chance, ont abouti à la préparation d’une piste en moyenne de meilleure qualité pour cette édition. Les pisteurs ont travaillé sur la piste durant tout l’hiver. Il se sont également révélés aptes à façonner la piste alors que les températures s’élevaient au-dessus de la normale, réunissant les conditions nécessaires à la mise en place d’une piste compacte et plane. Fort heureusement la piste a récemment été saupoudrée d’un couche de neige fraîche qui fournira un tapis idéal pour les mushers et pour leurs chiens et devrait leur permettre d’exceller.

Mitch a décrit avec précision la piste aux mushers, donnant les distances, les aires de repos et insistant sur les sections dangereuses. A plusieurs reprises, il a qualifié la piste comme étant la meilleure qu’il lui ait été donné de voir depuis qu’il y travaille !

Les mushers devraient pourvoir faire leur chemin assez facilement pour ce qui se révèle comme une course des plus passionnantes. Les officiels ont aussi remercié les mushers pour leur participation et leur coopération dans l’expérimentation des équipements de suivi GPS (*). Les fans, les amis, les familles et les handlers se sont tous réjouis des informations supplémentaires qui leur parviennent ainsi. L’équipement permet également aux responsables d’anticiper les besoins des mushers au vu de l’allure rapide de cette année. « Les passionnés aiment vraiment ça les gars ! » a déclaré Wendy Morrison, la directrice exécutive du Yukon « nous apprécions sincèrement que vous nous aidiez cette année ».

Après le meeting, les mushers sont retournés vaquer à leurs occupations –soins aux chiens, repos, réparation du matériel, entre autres. Le premier musher quittera Dawson en direction de du point de dépose de Scroggie Creek dès vendredi matin 06h35 heure locale (15h35 heure de Paris).


(*) : un seul participant a refusé de porter l'équipement de suivi GPS. Il s'agit de Gerry Willomitzer, un "habitué" de la course.

 

vendredi 12 février :
Quand est-ce qu'on y retourne ?

  Hans Gatt et sa partenaire Susie Rogan

“tout s’est bien passé, conformément à mes plans de course. Les temps de course et de repos ont correspondu à ce que je voulais » déclare le leader Hans Gatt en achevant un muffin. Il se détend au cœur de la foule agitée venue emplir le Centre d’Informations des Visiteurs sur Front Street, à Dawson.

Hans Gatt fut le premier à arriver alors que le soleil se couchait sur le point de contrôle de la ville de Dawson mercredi soir. Lui et ses 13 chiens étaient couverts de givre mais sont arrivés avec enthousiasme, félicités par une foule de fans, des journalistes et le personnel de course.

Presque immédiatement après la verification de son materiel, Hans a fait traverser le fleuve Yukon à son équipage vers le camping pour le nourrir et le mettre au repos. La précipitation résulte du fait qu’il a été contrarié par ce qu’il a eu à affronter sur le chemin du point de contrôle juste après Fortymile.

“il y avait vraiment des vents forts qui contiinuaient à souffler lorsque je les ai traversés mais qui avaient du être infernaux la nuit récédente. La piste avait totalement disparu. Elle était impossible à déceler” explique-t-il.

“j’étais très déçu par le marquage. Il était vraiment, vraiment rudimentaire. Ça nous a pris 4 heures pour parcourir 27 kilomètres. C’était énervant pour moi car j’étais en train de m’assurer une bonne avance jusque là ».

Au lieu de faire halte à Fortymile –comme l’ont fait ses concurrents Lance Mackey et Hugh NeffHans Gatt s’est reposé au niveau de la frontière canadienne.

« C’est tout à fait sensé de faire une pause à mi-chemin ». ajoute Hans


Toutefois, il indique que le fait d’avoir à recréer la piste n’a pas seulement limité son avance, ça l’a également confronté à une autre difficulté juste avant Dawson, une crue.

C’était vraiment mauvais pour moi car je ne pouvais trouver la piste, alors on s’est aventurés dans des endroits fortement enneigés où aucune piste n’avait jamais été tracée auparavant. C’était vraiment incroyable, vraiment ! » raconte Hans, repensant à ce qu’il a vécu.

“je pensais que j’allais perdre tout mon attelage [dans l’eau] en arrivant là-bas car lorsque vous les voyez disparaître entre ces blocs de glace, ça vous glace les sangs. »
Et bien que cela ait été un dur moment de piste pour son équipage, il déclare que e le repos qu’il prendra à Dawson leur fera beaucoup de bien.

“je ne pense pas qu’il y ait eu des blessures. Manifestement, mon principal chien de tête, Tyvek – qui a fait la piste sur toute cette portion difficile- a un peu mal. Mais il n’est pas blessé ; juste bien courbatu après tout ce dur boulot ! »

Bien que les températures mitigées aient été l’un des obstacles qu’Hans Gatt a eu à affronter, il n’est pas dérouté par la pensée de poursuivre en faisant face à un climat plus chaud alors qu’il progresse à travers la partie de la course située dans le Yukon. En fait, il avoue que cela pourrait même être une bonne chose.

« Les températures mitigées ne me dérangent pas du tout explique encore Hans. On s’est entrainés par temps assez chaud tout au long de l’hiver. Alors les chiens y sont complètement habitués »

Je l’espère vraiment en fait. Je veux dire, le froid ne me dérange pas mais j’aime la chaleur ! »

L’arrêt obligatoire de 36 heures d’Hans se termine vendredi matin à 06h35. bien que son temps de trajet entre Eagle et Dawson ait duré 22 heures et 41 minutes, il est déjà prêt à retourner sur la piste.

« Ouais ! Je partirais sur le champ » ajoute-t-il avec un sourire. « vendredi matin, la course reprend ! »

N.B. : Hans Gatt a repris la piste à 06h35 locales ce matin (15h35, heure de Paris)

 

Vendredi 12 février :
Mackey impatient de vivre la seconde moitié de la course

“La vache ! Les trois derniers kilomètres étaient difficiles !” a déclaré Lance Mackey à propos de sa dernière étape jusqu’à Dawson. Lance et Hugh Neff étaient presque à Dawson, regardant les lumières se rapprocher lorsque la glace commença à se dérober sous les pattes des chiens de tête de Lance. « J’ai couru aussi vite que j’ai pu vers eux, les ai attrapé et les ai portés pour traverser l’eau » raconte Lance au sujet de leur passage de cette partie en crue. A côté de cette mésaventure et de quelques autres portions de piste très peu enneigées, Lance rapporte que la piste était somme toute exceptionnelle et bien meilleure qu’il ne s’y attendait.

Lorsqu’on lui demande si l’état de la piste explique que lui et ses concurrents soient allés à une telle allure, il affirme « ça aide bien sûr mais en fait, nous faisons des progrès. Les mushers conduisent mieux leur équipage, nous les nourrissons mieux, la nourriture est meilleure, et surtout, nous apprenons à courir. Chaque année, nous apprenons quelque chose et devenons meilleurs et tout cela fait progresser la totalité de notre course.

Lance évalue son attelage comme étant en bon état à mi-course. Toutefois, il concède que certaines choses sont différentes cette année. « ce n’est pas l’équipe à laquelle je suis habitué. Ce n’est pas une mauvaise chose. Ils sont juste différents et au fil de l’avancée de la course, j’apprends à les mener. Leur temps de récupération par exemple, est différent et j’ai besoin d’assimiler ça. Et ça fait de moi un meilleur musher. »

Mackey rapporte que la majorité des chiens issus de ses équipes gagnantes passées sont soit restées à la maison en vue de l’Iditarod, soit à la retraite. "J’ai beaucoup de jeunes chiens à l’attelage cette année. En fait, Lippy est le seul à m’avoir accompagné sur toutes mes courses et pour être honnête, je n’avais guère foi en eux. Mais j’apprends qui est cette équipe et de qui ils ont besoin pour connaître le succès. Et ils font leurs preuves chaque jour. À ce moment de la compétition, j'ai beaucoup plus foi en eux et en ma capacité à les mener.

Lance doit également faire avec ses propres problèmes médicaux. « à la base, je suis un véritable cauchemar pour les médecins ». d’un coude qui se remet d’un infection aux conséquences du traitement d’un cancer, Lance Mackey doit cette année faire face à plus de défis physiques encore. Lorsqu’on lui demande quel en sera l’impact sur sa carrière de coureur, Mackey répond « Et bien ça devient de plus en plus difficile de jouer au dur. C’est la dernière fois que je cours le doublé », se référant par là au fait de courir la Yukon Quest et l’Iditarod dans la même année.

Lance affirme que c’est assurément l’une des courses les plus sympas grâce à l’ambiance qui règne entre les meneurs, incluant par là le fait de faire connaissance avec Hans Gatt et Zack Steer. Hugh Neff et Lance Mackey ont pris l’habitude de courir ensemble dans courses de longue distance. « Hugh et moi avons parcouru plus de 6 000 kilomètres ensemble au travers de courses. C’est plus que ce que j’ai pu faire avec tous les autres mushers réunis. Habituellement, je n’aime pas faire ça ». Et quand on lui demande si c’est quelque chose que les deux concurrents avaient planifié, Lance répond « c’était la tactique d’Hugh. Son équipage peut en pourchasser un autre comme aucune autre. Je parviens habituellement à rattraper Hugh et à le dépasser mais jamais à m’en débarrasser ! »

Depuis le début, Lance indiquait qu’il n’avait pas prévu de mener cette course. « J’ai mené la course déjà pas mal de fois de par le passé. Il est temps que quelqu’un prenne le relais ».

Mackey affirme que le vainqueur est pour le moment difficile à identifier. « Nous avosn tous des équipes rapides et bien entrainées et bien qu’ils aient des ressources différentes, après 1600 kilomètres, le vainqueur sera celui qui commettra le moins d’erreurs et aura les chiens en meilleure santé. La course ne se remportera pas avec la vitesse pure, elle le sera par le musher qui aura la tête sur les épaules, celui qui saura gérer les en-cas et ne se reposera pas trop aux points de contrôle. Ce genre de petites choses peut doucement vous faire gagner 20 minutes sur les autres ». Sa prédiction –qu’il établit avec la confiance en Mackey !- est qu’un membre de l’actuel top 5 gagnera la course.

Lance Mackey déclare que son plan est de ne pas laisser partir les autres mushers trop loin devant lui. « Hans et Hugh partent tous les deux avant moi. Je ne m’arrêterai pas tant que je ne les aurai pas rattrapé sur la piste ». Lance semble se préparer à un grand moment de chasse.

L’équipement de suivi GPS le montre en train de grignoter du temps sur ses prédécesseurs dans l’ascension du dôme du roi Salomon.

 

Samedi 13 février :
Repos et Humour à Pelly Crossing.


Lance Mackey arrive le premier à Pelly Crossing, suivi à 1 minute par Hugh Neff

L’action se poursuit au coeur du trio de meneurs sur la route du point de contrôle de Pelly Crossing. Hans Gatt, Hugh Neff et Lance Mackey ont quitté Dawson sans encombres vendredi matin.
Après qu’ils aient pris un peu de repos au point de dépose de chiens de Scroggie Creek, les choses ont commencé à changer.

Lance Mackey a fini par prendre la tête en sortant du point de dépose après avoir pris 3h30 de repos. Hugh Neff est parti juste derrière lui, après 4 heures d’arrêt. Alors qu’Hans Gatt est lui resté un peu plus de 5 heures, créant un trou devant lui.

Pendant ce temps, Gerry Willomitzer quittait Dawson dans la matinée, comme prévu, mais pour faire demi-tour quelques heures plus tard. Il est le premier musher à abandonner cette année. Des soucis de patins lui ont fait passer un sale moment sur King Solomon’s dome. Il prit alors la décision de faire demi-tour et de retourner au point de contrôle où il a déclaré forfait à 02h15 locales, plutôt que de pousser ses chiens plus avant.

Mackey arriva à Pelly samedi après-midi vers 14h00, une courte minute avant Neff. Alors qu’il s’arrêtaient au point de contrôle, Willomitzer les regardait depuis le bord de la piste pour les féliciter. Alors que Lance et Hugh faisaient halte, il les héla pour leur signaler qu’il était le premier musher à avoir atteint le point de contrôle. Pas la peine de préciser qu’il reçut un large sourire des deux concurrents.

Tout le monde avait l’air de bonne humeur à Pelly. Ainsi, peu après leur arrivée, Neff s’adressa à Mackey et lui demanda
« Quel type de patins utilises-tu ?
- des jaunes. Et toi ? lui répondit Mackey
- Des noirs. Je veux ralentir un peu.
- Et bien ça marche! » renchérit Mackey.

Les deux équipes prirent un peu de repos et un repas au niveau du point de contrôle. Le dernier larron du trio, Hans Gatt, arriva quant à lui juste après 16h00. Chacun chercha à deviner s’il allait s’arrêter ou reprendre directement sa glisse.

C’est en tous cas ce que se demandèrent Neff et Mackey, au Centre de Pelly, pensant qu’il reprendrait la piste aussitôt. Finalement, Gatt a mis son équipage au repos et de rester un peu à Pelly. Il a déclaré aux médias qu’il avait quelques soucis de santé au sein de son attelage et que cela pourrait bien mettre un terme à ses chances de victoire.

Mackey et Neff était toujours sur les talons l’un de l’autre, quittant tous deux Pelly à 19h30 locales. Gatt a lui déposé deux chiens et est reparti sur la piste avec une équipe motivée à 20h12.

Au regard des courses précédentes, l’arrivée du premier musher à Pelly Crossing était estimée pour dimanche, vers 21h40. toutefois, le premier, Lance Mackey, arriva samedi à 14h02. ce qui représente une avance de plus de 31 heures sur l’allure prévue.

Dimanche 14 février :
Une allure record fracassante.

La Yukon Quest 2010 semble devoir se finir au sprint Les trois équipes de tête sont arrivées à Carmacks avec près de 30 heures sur toutes les prévisions de course. On estime que le vainqueur arrivera à Whitehorse en un temps record, avec le trio de tête franchissant l aligne d’arrivée lundi soir.


Lance Mackey continue à mener la danse. Arrivé à Carmacks à 05h08 locales (14h08 heure de Paris), il était suivi de près par Hugh Neff à 05h10 et Hans Gatt à 05h22. pour le moment, les trois sont éveillés mais toujours en train de se reposer au point de contrôle de Carmacks.


Une fois que les attelages auront quitté Carmacks, ils entreprendront une étape d’environ 10-12 heures pour gagner Braeburn, dernier point de contrôle avant Whitehorse. Là-bas, ils auront une halte obligatoire de 8 heures, avant d’entamer le dernier tronçon vers l’arrivée. [NdT : 160 kilomètres]


Les trois échappés ont creusé un réel fossé avec le peloton qui commence juste à quitter Pelly Crossing. [NdT : 120 kilomètres derrière]


Il y a encore à l’heure actuelle 23 compétiteurs en lice pour cette 27° edition de la Yukon Quest.

Dimanche 14 février :
La compétition, jusqu'au bout !

Au moment où la chasse commence lundi matin, c’est Hans Gatt qui ouvre la piste vers Whitehorse.

Hans Gatt est arrivé à Braeburn, au dernier point de contrôle comprenant un repos obligatoire de 8 heures à 18h19. Lance Mackey est en mesure de mener la chasse, arrivé 34 minutes plus tard, à 18h53, suivi par Hugh Neff arrivé à 19h18.

La course à la victoire reprend ce lundi matin dès 02h19 locales. Les concurrents du top 3 ne sont séparés que de 59 minutes dans ce qui promet d’être l’un des sprints finaux le plus excitant que la Yukon Quest ait jamais connu.

Alors que l’intervalle entre les trois premiers attelages et le peloton s’élève à 11 heures, il en demeure néanmoins que l’on assiste à de belles disputes en son sein. Zack Steer et Ken Anderson ont tous deux quitté Carmacks dimanche soir et concourent actuellement pour la quatrième place.

Sonny Lindner et Brent Sass se battent eux pour la sixième place. Dimanche soir, Lindner était arrivé à Carmacks et Sass était sur le point d’y arriver.

La bataille pour le titre de rookie de l’année semble devoir se disputer entre Joshua Cadzow et Abbie West. Tous deux ont quitté Pelly Crossing à une heure d’intervalle.

D’autres luttes de positions prendront forma dans les jours à venir, lorsque l’arrière su peloton se dirigera vers Whitehorse, même la course pour la lanterne rouge entre Jocelyne LeBlanc et Terry Williams.

 

Lundi 15 février :
Hans Gatt remporte l’édition 2010 de la Yukon Quest.

Hans Gatt est le vainqueur de la Yukon Quest 2010, franchissant la ligne d’arrivée de Whitehorse à 13h35 locales (22h35 heure de Paris). Il réalise ainsi un nouveau record en 9 jours et 26 minutes, soi t23 heures de moins que le précédent record de 2009 réalisé par Sebastian Schneulle.

Hans a prit la tête tôt lundi matin en quittant en première position le point de contrôle de Braeburn après un repos obligatoire de 8 heures. Il a couvert la dernière portion du parcours en 11 heurs et 16 minutes.

Il est arrive avec 9 chiens et s’est particulièrement réjouit de l’emporter sur son propre territoire.

« Je n’arrive même pas à expliquer ce que je ressens. En fit, ej suis vraiment très heureux » a-t-il dit aux journalistes. Ces 9 chiens sont incroyables. Je suis si fier d’eux. »
Lance Mackey se classe lui à la seconde place en franchissant la ligne à 14h38, suivi par Hugh Neff à 16h18. Les temps réalisés par les trois premiers bat aisément le précédent record.

Mardi 16 février :
Steer et Anderson au finish

L'ambiance ce matin était électrique à Whitehorse, alors que Zack Steer et Ken Anderson se livraient bataille pour la quatrième place de la course. Steer a grappillé de minuscules minutes sur Anderson, franchissant la ligne d’arrivée à 03h58 (12h58 heure de Paris), tandis qu’Anderson la passait à 04h01.

Leurs deux temps respectifs battent le record précédent de Sebastian Schnuelle de près de 8 heures. Steer aura couvert le parcours en 9 jours, 15 heures et 58 minutes alors qu’Anderson aura mis 9 jours, 16 heures et 1 minute. Steer a bouclé la course avec 9 chiens et Anderson avec 10.

Les deux équipages étaient au coude à coude depuis les derniers points de contrôle. Des rumeurs courent selon lesquelles les deux hommes se seraient mis d’accord dès Braeburn pour qu’aucun des deux ne tente une percée avant les tous derniers kilomètres de la course. Ils ont tous deux quitté le point de contrôle de Braeburn à une minute d’intervalle après leurs 8 heures de repos obligatoire, Anderson à 03h34 et Steer à 03h35.

Au moment où ils ont atteint le pont du fleuve Takhini, la course était définitivement lancée. Steer prit alors le tête de peu dès ce point et s’y accrocha jusqu’à la fin.

Mardi 16 février :
Le premier des champions de la Yukon Quest se classe 6°

  Sonny Lindner et son attelage le long du fleuve Yukon, à proximité de Whitehorse

Le favori de la foule, Sonny Lindner est entré dans Whitehorse à 10h14 locales ce matin (19h14 heure de Paris) avec une équipe dynamique composée de 8 chiens à la ligne depuis le fleuve Yukon. Les fans sont venus nombreux pour acclamer le premiers des champions de la Quest, que Sonny remporta en 1984.

Lindner a également participé aux courses de 1986, 1989, 1991 et 1992. et à chaque fois, il figurait dans le top 10 final.

Alors qu’il avait initialement affirmé aux journalistes qu’il n’avait élaboré aucune tactique de course, Sonny Lindner a depuis lors déclaré qu’un plan lui était venu à l’esprit il y a quelques jours seulement. Après qu’il ait vu la vitesse des autres attelages, Sonny déclare qu’il a alors accéléré le rythme de ses propre chiens

“cela paraissait être la seule chose à faire” dit-il en souriant aux journallistes.

Lorsqu’on lui a demandé comment il se sentait à l’issue d’une page si historique de la Yukon Quest et après un temps aussi remarquable, il s’est contenté de quelques mots.
« Je n’en suis pas vraiment certain ! »

Mardi 16 février :
Joshua Cadzow, rookie de l'année.

Lorsqu’on lui demande quel effet cela fait d’être nommé le rookie de l’année de la Yukon Quest 2010, Josh Cadzow sourit timidement et répond modestement “ça fait du bien”.

Avec un sourire et un geste pour à la foule, Josh Cadzow et ses 7 chiens ont atteint la ligne d’arrivée de Whitehorse à 13h18. Son temps officiel est de 10 jours et 9 minutes.

“C’est génial. J’ai travaillé toute l’année pour ça”. A déclaré le musher. « Je suis sans voix ».

En 2009, durant sa première participation à la Yukon Quest, Cadzow n’était guère allé plus loin que Dawson. Pas la peine de préciser qu’il était motivé pour boucler la course cette année. C’était évident en écoutant la réponse faite aux journalistes alors qu’il était interrogé sur ses prévisions de course. « Finir » avait répondu Cadzow timidement.
« Et maintenant que j’en ai terminé, je vais prévoir d’autres choses, peut-être comme viser une meilleure place ».

Tout au long de la compétition, le musher de 22 ans a évolué à l’avant du peloton. au-delà de Two-Rivers, il s’est présenté à tous les points de contrôle dans le top 10. son père Clifton Cadzow dit qu’il a utilisé une tactique qui a payé et qui consistait à faire parcourir de plus courtes distances aux chiens. Et Josh ne fut en mesure de dépasser un autre rookie, Abbie West ainsi qu’un vétéran, Brent Sass que durant la dernière portion, de Braeburn à Whitehorse.

Josh affirme que ses chiens ont été incroyables.

“Ils se sont mis à faire bloc. Il y a eu comme un déclic, on a commencé à rattraper les autres attelages. Et maintenant, on est là, à la 7° place. Ils sont heureux. Regardez-les.” Explique le musher alors que ses chiens mangent un morceau et se roulent dans la neige.

Clifton n’est pas seulement fier de son fils. Il a fait part de sa joie au regard de la façon dont le jeune musher a mené ses chiens. Il a remarqué que Josh était particulièrement attentionné à Dawson, s’assurant que son équipage était en mesure de couvrir la seconde partie de la compétition.

En ce qui concerne les températures mitigées, Josh a expliqué qu’il avait préparé ses chiens pour ça.

“ Cela ne les dérange pas. Sous le soleil, ils ralentissaient beaucoup oui mais en pleine nuit, ils déroulaient » explique le musher. « ils ont l’air en forme. J’espère pouvoir en trouver sept autres comme eux. “

Bien qu’il soit assez calme sous le feu des projecteurs, Josh est parvenu à faire part d’une réelle ferveur au terme de la course. Etant le seul « local» de la course, le rookie a dédicacé sa victoire à la population de sa ville natale Fort Yukon, en Alaska.

En bref :

Brent Sass s'est quant à lui classé 8° en franchissant la ligne d'arrivée à 16h01 locales.

À 21h45 locales (06h45 heure de Paris), Abbie West est la première concurrente féminine à être arrivée à Whitehorse et décroche ainsi la 9° place au général après 10jours, 8 heures et 36 minutes de course.

Normand Casavant se classe lui 10° en franchissant la ligne à 22h20

Le prochain musher à Whitehorse devrait être le premier européen : Sam Deltour.
Ce dernier a quitté Braeburn un peu moins de 4 heures après Normand Casavant, et devrait arriver dans la nuit (un peu avant 12h heure de Paris).

Le belge Sam Deltour en a terminé et se classe 11° de la course. Il est arrivé à 02h03 locales à Whitehorse. Il est ainsi le premier non-résident du continent nord-américain, et premier européen de surcroît, à en terminer cette année.
Son temps officiel est de 10 jours, 12 heures et 54 minutes.

À 04h53 locales, Dries Jacobs était le 12° musher et le second représentant européen à franchir la ligne d'arrivée à Whitehorse.
Un peu plus de 4h30 plus tard, à 09h38 locales, ce fut au tour de Mike Ellis d'en finir avec l'édition 2010 de la Quest, se classant ainsi 13°.

Si près du terme de la course, la première pénalité a été prononcée aujourd'hui au point de contrôle de Braeburn. Et c'est Cindy Barrand qui en a fait les frais. En effet, elle s'est vue infligée d'une pénalité de 30 minutes pour avoir eu recours à une aide extérieure afin de réparer son frein cassé. Une décision définitive de la direction de la course est à venir.

Mercredi 17 février :
Une autre race de chiens sur la Quest.

Mike Ellis et son équipe sont arrivés à Whitehorse sous le soleil levant, en milieu de matinée, mercredi. Une fois que la ligne est franchie, chaque musher se précitpite vers ses chiens pour leur donner un petit geste d’amour en guise de félicitations.

Au moment où Mike Ellis le fit à son tour, il apparut clairement qu’il entretenait une relation profonde et particulière avec ses chiens. Quand les journalistes l’ont interrogé sur cette démonstration d’affection, il fut saisi d’émotion, déclarant qu’ils ne représentaient rien d’autre que son monde à lui.

C’est la troisième fois que Mike Ellis boucle la Yukon Quest avec un équipage un peu différent des autres. L’attelage d’Ellis ne comporte en effet que des huskies de Sibérie. En 2008, Il a bouclé la course en décrochant un record sur le parcours et se classant à la 11° place. Cette prouesse fut enregistrée comme le meilleur temps pour un équipage exclusivement constitué de purs huskies.

Cette année là, il couvrit le parcours en 12 jours, 9 heures et 58 minutes. Cette fois, il bat son record et affiche un temps de 10 jours, 20 heures et 29 minutes.
Mike Ellis commença à travailler avec des huskies à la fin de 1993. Il ne pratique le traîneau et ne participe à des courses qu’avec cette race de chiens. Et les siens sont tous inscrits auprès de l’American Kennel Club.

Ave sa femme Sue, il représente le Team Tsuga Kennel (littéralement l’Équipe du Chenil de Tsuga) à Two Rivers, en Alaska. Ellis a commencé à prendre part à des courses en 2000 avec ses chiens et a depuis lors été reconnu comme l’attelage de huskies le plus rapide sur nombres de compétitions de courtes ou moyennes distances.
Sur la Quest 2010, Un autre musher court également uniquement avec des huskies de Sibérie pure race. Il s’agit de Pierre-Antoine Héritier, un rookie suisse.

Les huskies de Sibérie sont originaires des peuples Chuckchis, vivant dans les régions côtières du nord-est de la Sibérie. Ils étaient dépendants des chiens dans beaucoup de domaines, comme la traction de traîneaux, la chasse aux rennes et la garde de leurs biens. Beaucoup de marchands ont remarqué la vitalité de la race et les ont exportés dans d’autres parties du monde.

La majorité des chiens de traîneau actuels qui sont utilisés dans le cadre des courses de longue distance comme la Quest sont issus de croisements, considérés comme « génétiquement modifiés » et sont maintenant appelés des huskies d’Alaska, des alaskans.

En bref

Cindy Barrand a bouclé sa première Yukon Quest à la 16° place. Elle franchit la ligne avec 13 chiens, n'en ayant droppé qu'un seul durant ces 12 jours de course. Bravo !

Le belge Bart de Marie a franchi la ligne en 17° position à 13h14 avec 9 chiens.
Un autre européen, Peter Fleck arriva à 15h22 avec 10 chiens. A 19 ans, Peter Fleck est le plus jeune musher a boucler la course cette année.

Jennifer Raffaeli, après avoir écopé d’une pénalité de 30 minutes à Braeburn pour avoir accepté un patin de rechange des mains de son handler et un coup de main lors de l’installation (d’un membre de l’organisation de la course !) en termina à 16h17 avec 11 chiens à la ligne et un dans le sac.

Terry Williams a abandonné. L'un de ses chiens , Bags, âgé de 8 ans est décédé entre Mac Cabe et Carmacks. Il s'agit a priori d'une déficience cardiaque non diagnostiquée en amont.
Terry, très attachée à Bags, a déclaré forfait car il ne voir plus du tout l'intérêt de continuer la course sans lui.

...

Deux équipages ont en effet à nouveau franchi la ligne d’arrivée. Il s’agit tout d’abord de Katie Davis à 00h07 (09h07 locales), après 12 jours, 12 heures et 40 minutes sur la piste.

Quant à nos héros "presque" nationaux Pierre-Antoine Héritier et ses sibériens, il auront eux passé 12 jours, 19 heures et 11 minutes sur la Quest 2010 au moment où il sont entrés dans Whitehorse, à 08h20 locales.

Il n'y a plus, pour clore cette 27° édition de la course, qu'à attendre l'une des bleues de cette année, Jocelyn Leblanc qui devrait logiquement remporter le titre de La lanterne rouge de la Yukon Quest 2010.
Une arrivée haute en couleurs en perspective…

Samedi 20 février :
Voilà, c'est fini

Voilà, la Yukon Quest 2010, 27° du nom va bientôt fermer ses portes.
Un grand bravo à tous les concurrents qui ont fait volé en éclats cette année pas mal de records.

Bravo à tous les rookies qui deviennent des vétérans de la course.
Bravo à Mike Ellis et Pierre-Antoine Héritier pour avoir emmené des sibériens au bout de la piste.
Bravo au britannique Peter Fleck qui réalise à l’âge de 19 ans le rêve de tant d’entre nous !!

Deux pénalités auront été infligées cette année, de 30 minutes chacune, et à deux concurrentes féminines. Ah les femmes !!

Un petite pensée pour Gerry Willomitzer, trahi par son matériel et que son traineau a contraint à faire machine arrière juste après Dawson.
Une pensée sincère pour Terry Williams et pour Bags, son chien décédé sur la piste.

Voici un récapitulatif du classement, des temps et des primes empochées par le 15 premiers mushers.

1--Hans Gatt --9 jours et 26 minutes -20 890 €
2--Lance Mackey --9 jours, 1 heure et 29 minutes-14 920 €
3--Hugh Neff --9 jours, 3 heures et 9 minutes-11 930 €
4--Zack Steer --9 jours, 15 heures et 58 minutes-9 845 €
5--Ken Anderson --9 jours, 16 heures et 1 minute-8 650 €
6--Sonny Lindner --9 jours, 21 heures et 5 minutes-7 760 €
7--Joshua Cadzow --10 jours et 9 minutes-6 565 €
8--Brent Sass --10 jours, 2 heures et 52 minutes-5 365 €
9--Abbie West --10jours, 8 heures et 36 minutes -4 770 €
10--Normand Casavant --10 jours, 10 heures et 38 minutes-4 170 €
11--Sam Deltour --10 jours, 12 heures et 54 minutes-3 875 €
12--Dries Jacobs --10 jours, 15 heures et 44 minutes-3 575 €
13--Mike Ellis --10 jours, 20 heures et 29 minutes-2 980 €
14--David Dalton --10 jours, 23 heures et 37 minutes-2 680 €
15--Kelley Griffin --11 jours, 7 heures et 20 minutes-2 385 €
16--Cindy Barrand--11 jours,10 heures, 12 minutes-/
17--Bart De Marie--12 jours,0 heures, 5 minutes-/
18--Peter Fleck--12 jours,2 heures, 13 minutes-/
19--Jennifer Raffaeli--12 jours, 3 heures, 8 minutes-/
20--Katie Davis--12 jours, 12 heures, 40 minutes-/
21--Pierre-Antoine Héritier--12 jours,19 heures, 11 minutes-/
22--Jocelyn Leblanc--13 jours,8 heures, 28 minutes-/

 

Le 21 février :
Récompenses remises à l’occasion de la Yukon Quest 2010.

Samedi soir, lors de la soirée de clôture de la Yukon Quest 2010 à Whitehorse, le comité organisateur a décerné ses récompenses.

Les lauréats de l’édition 2010 de la Yukon Quest, 27° du nom, sont donc :
Roulements de tambour…

Jocelyne Leblanc qui se voit attribuée la Lanterne rouge 2010, remise au dernier musher ayant bouclé la course.
La lanterne rouge commémore la tradition qui veut qu’on la laisse allumée tant que des mushers sont encore sur la piste.

Stitch, 4 ans et Kinvig, 5 ans -les deux chiens de tête de Hans Gatt- se voient attribuer le harnais d’or 2010 , réalisé de manière traditionnelle par le fabricant Tanzilla, mais aussi un festin de roi servi par l’auberge High Country. Ce prix est remis aux chiens de tête en hommage à leur loyauté, leur endurance et leur persévérance tout au long de la course.

Hans Gatt remporte le prix 2010 de la ville de Dawson. Il s’agit de 4 onces d’or remis au premier musher qui a atteint Dawson et qui est arrivé au terme la course. Il commémore entrée dans le Klondike et la réalisation de l’ensemble de l’épreuve.

Joshua Cadzow est declare rookie 2010. À ce titre, il se voit remettre une boîte typique en chêne et en malachite, agrémentée d'or destinée au rookie le mieux classé. Un rookie est un meusher qui n’a jamais atteint la ligne d’arrivée de la course.

Sonny Lindner se voit décerner le titre du fair-play 2010. Ce prix consiste en une lithographie mettant en scène des chiens de traîneau. Il est remis au concurrent qui a le plus fait preuve de fair-play tout au long de la piste et est décerné par les autres mushers.

Jocelyne Leblanc a également remporté le prix du Défi du Grand Nord, constitué d’un panneau de verre représentant un chien assis. Ce prix récompense le musher qui a le plus incarné l’esprit de la Yukon Quest, à savoir le dépassement de soi et la persévérance. Il est décerné par le comité officiel de la course.

Joshua Cadzow a aussi remporté le prix des vétérinaires, constitué par une pyrogravure représentant une scène de chiens de traîneau mais aussi agrémenté de 1 000 dollars de soins vétérinaires. Ce prix est décerné au musher qui a le plus fait preuve d’attention dans le soin apporté à ses chiens tout au long de la course, tout en gardant un esprit de compétition.


Voilà, merci de nous avoir suivis durant ces quelques jours et j’espère que ces rapides et succincts comptes-rendus vous auront permis de suivre aisément la course.

le 06 mars prochain, débute la 38° édition de La Dernière Grande Course, l’Iditarod XXXVIII alors soyez prêts.
Nous, on sera là !

chez Fillow, l'Iditarod 2010 sera suivie ici

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