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Histoire de la Yukon Quest

Partie 1

La Yukon Quest, littéralement la quête du Yukon, course internationale de chiens de traîneau tire son nom de l'"autoroute du Nord", le fleuve Yukon et des itinéraires glaciaux et historiques suivis par les chercheurs d’or, les aventuriers puis les convoyeurs de courrier et de ravitaillements sillonnant entre les mines d’or du Klondike et parcourant l’Alaska.

Les origines


En 1983, 4 mushers sont attablés au Bull’s Eye saloon à Fairbanks. La conversation aborde alors la création d’une nouvelle course de chiens de traîneau de 1 000 miles (1600 km) et de sa portée. Et si cette course empruntait une voie historique. Et si elle était une course internationale ? Et si elle venait à être un peu plus longue ? Et si elle empruntait le fleuve Yukon ?

Dès 1976, une course de chiens de traîneau ralliant Fairbanks, Alaska à Whitehorse, Yukon avait été envisagée. Mais ce projet ne fut ramené sur le devant de la scène qu’en 1983, à l’occasion de cette discussion entre Roger Williams, Leroy Shank, Ron Rosser et Willie Libb. Ces mushers décidèrent de donner ce nom à la course afin d’honorer la mémoire du fleuve, cette autoroute du nord. La piste emprunterait les voies que les prospecteurs avaient suivi pour atteindre le Klondike lors de la ruée vers l’or de 1898 et de là vers l’intérieur de l’Alaska Durant les ruées suivantes du début du XX° siècle.

 

 

D’office les 4 compères mirent de côté le concept de l’Iditarod qui instituait de nombreux points de contrôle et beaucoup d’étapes. Ils envisagèrent une course d’endurance dans laquelle les participants ne compteraient que sur eux-mêmes et où l’instinct de survie serait aussi important que la vitesse pure. « Nous voulions insister sur le sens du terrain, une course qui mettrait en avant une certaine capacité de coureur des bois » rapporta Leroy Shank lors de la 25e édition de la course.
La collecte de fonds commença et la date du départ fut de façon optimiste avancée de février 1985 au 25 février 1984. le montant de l’inscription s’élevait à 500 dollars et Murray Clayton (Haines, Alaska) fut le premier inscrit en octobre 1983. En décembre 1983, la course prit officiellement le nom de Yukon Quest. Deux autres mois de planification suivirent et une équipe de volontaires fut mise sur pied pour diriger les points de contrôle et disposer les repères sur la piste. L e25 février 1985, 26 coureurs quittèrent Fairbanks pour Whitehorse. Chaque équipage était limité à 12 chiens et chacun se devait de terminer l’épreuve avec un minimum de 9 chiens. Ils devaient également transporter 25 livres (11 kg) de nourriture par chien (300 livres au total, soit 136 kg) pour couvrir les longues distances qui séparaient les points de contrôle.

Le parcours de la course

De nombreuses avaries perturbèrent la première édition. Les équipages de tête durent faire la trace car les motoneiges prévues étaient tombées en panne. Les points de repère étaient souvent absents ou mal placés. De même, aucun préparatif n’avait été effectué pour les mushers à Dawson City jusqu’à ce que Roger Williams s’y rende rapidement par avion après le départ de la course. Au-delà de Dawson City, les mushers firent transporter leurs chiens et leur traîneau par la route pour éviter une portion de piste de 60 miles (97 km) dépourvue de neige. Ils eurent alors à affronter des portions dégelées du fleuve Yukon aux abords de Whitehorse du fait des températures exceptionnellement élevées.

 

 

Finalement, le vainqueur de cette édition inaugurale, Sonny Lindner, fut accueilli par une petite fanfare à son arrivée au bout de 12 jours. "Je pense qu’il s’agissait à 90% d’une expédition et peut-être un tout petit peu de compétition" se souvint-il à l’occasion du 25e anniversaire de la course. 20 attelages rejoignirent Whitehorse ; 6 équipages durent jeter l’éponge durant le parcours.

Première décennie

 

Après la course inaugurale, les organisateurs renforcèrent le marquage de la piste pour la première épreuve disputée dans le sens Whitehorse-Fairbanks. Le musher Bill Cotter rapporta que "la piste était si belle qu’il était difficile de se retenir d’aller trop vite." La popularité de la course augmenta au cours des quelques années suivantes.

 

 

En 1988, ainsi qu’en 1989, 47 mushers y participèrent. En 1989, 31 atteignirent l’arrivée –la plus grande quantité à y être parvenue depuis que la course existe. En 1990, Connie et Terri Frerichs devinrent les premières (et seules à ce jour) mère et fille à concourir dans la même édition : Terri termina 21e, battant sa mère (22e) de 26 minutes. L’édition de 1991 vit 8 attelages extraits durant le premier quart de la compétition pour cause d’épidémie canine. 35 chiens supplémentaires furent atteints avant que le virus ne soit vaincu par des températures glaciales vers le milieu de la course. En 1992, une chaleur extraordinaire entraîna des problèmes dans la première moitié de la course, alors que la seconde fut marquée par un froid glacial. La vétérinaire en chef de cette édition fut remplacée après avoir offert des soins d’acupuncture originellement destinés aux chiens à certains mushers. Si le règlement ne l’interdisait pas, cela représentait néanmoins une violation du traitement équitable requis des concurrents puisqu’elle n’en fit pas profiter la totalité des participants. Au terme de cette édition, George Cook fut le premier musher depuis 1984 à en finir juste avant Whitehorse alors que le dégel du fleuve Yukon l’empêchait d’atteindre l’arrivée. Parce qu’il ne renonça cependant pas, les responsables de la course lui remirent le trophée de la lanterne rouge.

Consécutivement à la course de 1992, un controverse éclata lorsque la partie alaskienne du comité directeur informa la partie canadienne que cette dernière était considérée comme ayant abandonné l’organisation parce qu’elle n’avait pas atteint le montant requis des fonds collectés. Les responsables d’Alaska croyaient également qu’il serait plus aisé de gérer une course exclusivement alaskienne. Une crise fut évitée de justesse quand les directeurs du Yukon acceptèrent de collecter plus d’argent. Un comité directeur commun fut mis en place. L’édition 1993 se déroulera de façon nominale. Toutefois, Jeff Mann connut des sensations plus fortes que la plupart des concurrents. Un élan a attaqué ses chiens et il dut le tuer avec une hache, et donc le massacrer selon les règles de la course. Plus tard, il fut sanctionné pour avoir emprunté la lampe frontale d’un journaliste. Enfin, à l’issue de la course, il fut privé de la moitié de ses gains après que ses chiens eurent été contrôlés positifs à l’ibuprofen.

Lors de l’édition 1994, un concurrent d’Alaska, Bruce Cosgrove se vit signifier l’interdiction de pénétrer sur le territoire du Yukon par la législation canadienne. Ce fut la première et unique fois à ce jour qu’un concurrent se vit ainsi sanctionné, d’un côté comme de l’autre de la frontière. Cosgrove prit bien le départ de la course mais abandonna avant la frontière. à la suite de cette édition, une nouvelle controverse éclata lorsque les membres d’Alaska du comité directeur annoncèrent qu’ils supprimeraient de manière unilatérale Whitehorse du parcours et s’orienterait vers une course Fairbanks-Dawson, moins onéreuse. Les membres de l’organisation de la course s’insurgèrent et votèrent l’éviction de ceux qui étaient à l’origine de cette proposition.

À suivre...

Deuxième décennie / 1995 - 2004


La course de 1995 aligne 22 mushers dont 13 arriveront au terme.
Des soucis d’ordre budgétaire entraînent une diminution de 25% de la valeur du premier prix pour descendre à 15 000 $, entraîant une faible participation. Le problème fut résolu en 1996, avec un premier prix de 25 000 $. La course de1997 fut remortée par Rick Mackey, le frère d’un champion ultérieur de la Quest, Lance Mackey. Ces deux mushers forment la seule fratrie à avoir remporté la course. Après 1997, d’autres soucis d’ordre financier refirent surface, du côté alaskien cette fois. Les organisateurs canadiens s’assurèrent du partenariat pour la course de 1998 et à ce titre refusèrent de voir partir l’argent récolté dans le remboursement des dettes amassées par le comité organisateur d’Alaska. À la suite de quoi, ce dernier menaça de se séparer et de créer une course indépendante. Finalement, il fut contraint à se résigner et un accord fut passé entre les deux parties.
L’édition de 1998 fut dispute comme prévue et rassembla 38 participants.

L’édition 1999 fut remportée par un vétérinaire local, Ramy Brooks, qu mit 10 minutes de moins que son poursuivant, Mark May.
En 2000, Aliy Zirkle devint la première femme à remporter la Yukon Quest en parcourant les 1 609 kilomètres en 10 jours, 22 heures et 57 minutes.
En 2000 également vinrent s’adjoindre à la course principale deux compétitions annexes : la Quest 250 (aujourd’hui Quest 300) et la Junior Quest. Les participants à ces deux courses ont par la suite paris part à la course principale. Le premier d’entre eux prit part à l’édition 2001, qui fut remportée par Tim Osmar.
En 2002, la course fut remportée par Hans Gatt, d’origine autrichienne mais résident de la Colombie Britannique. Il fut le premier concurrent européen à remporter la course. Hans Gatt remporta également les deux éditiosn suivantes de la Yukon Quest, devenant le premier triple champion de la compétition. Sa victoire de 2003 fut tronquée du fait du manque de neige aux abords de Whitehorse. Une chaleur extraordinaire força l’organisation à transporter les attelages par camion à Braeburn afin qu’ils puissent reprendre ce qui devint uen course de 1 482 kilomètres (921 miles).

L’édition 2004 vit 31 mushers prendre le départ et seulement 20 la finir, soit un taux d’abandon de 35%. Durant les 24 premières années de la compétition, 776 mushers prirent le départ de la Yukon Quest et 513 franchirent la ligne d’arrivée.
bien que 90 mushers de plus aient pris part à la course au cours des 12 premières années -comparativement aux 12 suivantes-, le pourcentage de finishers est passé de 35 à 33 %. En effet, dès 1996, 1 concurrent sur 3 ne devait jamais entrer dans Whitehorse au moyen d’un traineau.


Troisième décennie 2005 / 2009

En 2005, lors de sa première participation, Lance Mackey détrôna le triple vainqueur Hans Gatt. Mackey remporta la victoire en à peine plus de 11 jours. Cette victoire fut la première d’une série de 4 pour Mackey, qui détient aujourd’hui le record de 4 victoires consécutives –détrôné à son tour en 2009 par Hans Gatt !

L’année de la seconde victoire de Lance Mackey, une terrible tempête s’abattit sur Eagle Summit, causant un white-out total. 7 équipages, hommes et chiens, durent être évacués par hélicoptère. Cette année-là, seuls 11 mushers terminèrent la course –le record du plus petit nombre de finishers -. Ces derniers endurèrent encore un aléa supplémentaire cette année là. En effet, en raison d’une neige trop rare aux abords de Whitehorse, ils firent demi-tour et achevèrent leur parcours à Dawson après avoir parcouru les 1 000 miles (1 609 kilomètres). 2007 vit le décès de trois chiens, sans relations entre eux. La même année, Mackey atteitn le record de Gatt en remportant sa troisième victoire. Un mois plus tard, il devint le premier musher à remporter la Yukon Quest et l’Iditarod la même année.
En 2008, Mackey remporta sa quatrième victoire de la Yukon Quest, la première à arriver à Whitehorse depuis 2003.

Du fait de la crise économique et financière de la fin des années 2000, le pactole réservé aux primes fut réduit en 2009 à 151 000 $, au lieu des 200 000 $ prévus. Par conséquent, le vainqueur n’empocha « que » 30 000 $ au lieu des 35 000 $ prévus. En raison à cause de cette diminution, Lance Mackey annula sa participation, permettant ainsi à un nouveau venu de remporter la course. La course connut cette année-là un nouveau record de temps mais aussi son plus petit laps de temps entre le vainqueur et le second. L’allemand Sebastian Scnuelle couvrit les 1 635 kilomètres de la course (1,106 miles) en 9 jours, 23 heures et 20 minutes. Il arriva 4 minutes avant Hugh Neff.

À la suite de cette édition, le comité organisateur décida d’avancer la date du départ d’une semaine afin de permettre aux mushers de mieux récupérer avant de participer à l’Iditarod.


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